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Hadestown au Walter Kerr Theatre (New York)

Critique 2803 vu

Décidément, ce séjour new-yorkais n'aura pas été exceptionnel. Après A Strange Loop, j'ai choisi d'assister à un autre spectacle récompensé par le Tony Award de la meilleure comédie musicale : Hadestown.

Hadestown est une adaptation contemporaine du mythe grec d'Orphée et d'Eurydice. Eurydice, une jeune femme en quête de nourriture, se rend à Hadestown (la ville souterraine et industrielle du Dieu Hades), cherchant ainsi à échapper à la pauvreté induite par le changement climatique. En apprenant cette nouvelle, son amoureux Orphée la rejoint pour tenter de la sauver.

Hadestown comporte peu de moments dialogués et joue la carte de la tragédie à fond avec la présence d'un chœur (comme dans les tragédies grecques) qui assure les harmonies, les chorégraphies (très illustratives) et les silhouettes.

Mise en scène sobre à l'extrême, comédiens et musiciens présents en permanence sur le plateau, 4ème mur défloré et ambiance jazzy façon années 1920 : Hadestown a quelque chose de Chicago, du moins son mythique revival. Cependant, là ou Chicago apporte en permanence de la légèreté, du second degré et de l'ironie, Hadestown se prend au sérieux du début à la fin.

Et c'est là tout le problème de ce spectacle : à trop vouloir faire de l'art, cela en devient ridicule. Chaque scène transpire de suffisance et semble dire au spectateur : regardez comme je suis cultivé ! Je connais la mythologie grecque ! J'adore le jazz ! Tous les personnages sont antipathiques, pas une pointe d'humour à l'horizon, bref on s'ennuie à mourir. Il faut dire aussi qu'il ne se passe pas grand chose en 2h30. Une compression en un acte aurait permis de dynamiser le livret, mais cela n'aurait pas suffi à en faire une bonne comédie musicale. L'interprétation d'Hades est catastrophique, la voix grave qu'on lui a imposé empêche tout naturel, et toute technique vocale...

Si le décor n'avait pas proposé une surprise à la fin du premier acte (un moment magique comme sait en produire Broadway), je serais probablement parti à l'entracte. Une autre scène à sauver est celle de la sortie des enfers, quand Orphée ne doit pas se retourner pour vérifier si Eurydice le suit. Le suspense est présent et le public retient son souffle. Une note finale certes positive, mais qui ne sauve pas un spectacle qui en cherchant à tout prix à faire de l'art, s'en éloigne terriblement.

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