Tony Comédie

#ILoveMusicals

A Strange Loop au Lyceum Theatre (New York)

Critique 2861 vu

Lors de mon dernier séjour à New York, j'ai eu la chance d'assister à une représentation de A Stange Loop, le spectacle qui a remporté le Tony Award 2022 de la meilleure comédie musicale. Verdict ?

A Stange Loop est une comédie musicale moderne voire disruptive, loin des classiques de Broadway. L'oeuvre nous raconte des tranches de la vie d'Usher, un jeune homme noir, queer et en surpoids. Usher, qui travaille comme agent d'accueil ("usher" en anglais) pour la comédie musicale Le Roi Lion, utilise son temps libre pour créer une comédie musicale qui parle d'un jeune homme noir, queer et en surpoids, qui écrit une comédie musicale sur un jeune homme noir, queer et en surpoids. Double mise en abyme, donc.

Une autre particularité de l'oeuvre est qu'elle ne met en scène que 7 comédiens : Usher et ses six "voix intérieures". On assiste donc aux dialogues internes du cerveau d'Usher, qui sont entrecoupés par des scènes de la vie réelle, où les comédiens jouant les "voix intérieures" campent d'autres personnages, comme les parents d'Usher ou ses rencontres sentimentales.

Comme Company ou d'autres, A Stange Loop est une comédie musicale naturalise. Elle aborde des sujets sociétaux contemporains au travers de différents scènettes. Ici, il est question de grossophobie, d'homophobie, de racisme et des préjugés au sein de la communauté LGBTQIA+.

Tout ça est très contemporain, mais à l'instar du film Inception, le spectacle nous perd entre ses différents niveaux de narration. Assistons-nous à des tranches de vie d'Usher ou au spectacle qu'il veut écrire ? Au sein même d'une scénette, la réalité peut s'effondrer. Par exemple celle où Usher rencontre un homme dans le métro : après avoir flirté avec lui, il se rend compte que cette personne n’est finalement qu'une illusion produite par son cerveau. Le spectacle est truffé d'éléments perturbants, comme les parents de notre personnage qui portent le nom des parents de Simba dans Le Roi Lion ou encore cette spectatrice du Roi Lion qui demande à Usher si le spectacle est bientôt terminé... Mais lequel ? Le Roi Lion ou The Strange Loop ?

Outre cette difficulté de compréhension narrative, le côté "seul en scène" du spectacle m'a un peu rebuté. Je n'ai pas beaucoup ri ni été ému face aux déboires d'Usher. Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un problème d'identification car le reste de la salle, assez diversifié, semblait réceptif. Je pense que le problème est culturel : il me manquait beaucoup de références et certains des combats sociétaux évoqués dans le spectacle ne sont pas les mêmes qu'en France.

Enfin, la faible qualité de la sonorisation (étonnant pour un spectacle de Broadway) et la pauvreté des décors (malgré une surprise à la dernière demi-heure) ne m'ont pas aidé à entrer dans le spectacle. La partition n'est pas non plus exceptionnelle. Trois titres seulement valent l'écoute (et sont disponibles sur les plateformes) : Intermission Song, Today et A Strange Loop.

On a appris il y a quelques jours que le spectacle baisserait le rideau en janvier prochain, preuve qu'il ne parvient pas à convaincre un large public.

Vous aimez la comédie musicale ?

Abonnez-vous à la newsletter pour ne manquer aucun article.
Un e-mail par semaine. Pas de pub. Promis.

Vous aimerez aussi

Chanteuses professionnelles pour animer des séances de chant
Un documentaire sur Idina Menzel bientôt sur Disney+
Le film Pride va être adapté en comédie musicale
Critique : Hadestown au Walter Kerr Theatre (New York)
Le revival d'Aspects of Love à Londres se concrétise

I London

Le West End de Londres est un des meilleurs quartiers au monde pour assister à une comédie musicale !

Jeu-concours Réserver un spectacle