S'abonner à la newsletter

Inscrivez-vous pour ne pas manquer les prochains articles.
Un e-mail par semaine. Pas de pub. Promis.

Tony Comédie

#ILoveMusicals

Jésus, de Nazareth à Jérusalem (Paris)

#Critique 28294 vu

J'ai assisté hier à la première représentation de Jésus, de Nazareth à Jérusalem. Mon avis sur la superproduction française de la rentrée est mitigé.

Depuis plusieurs semaines, des fans de Pascal Obispo m’ont gentiment conseillé sur Twitter d’assister à Jésus en me débarrassant de tout a priori. J’ai suivi leurs recommandations sans difficulté, appréciant par ailleurs les œuvres de Pascal Obispo (compositeur) et de Christophe Barratier (librettiste et metteur en scène).

Il m’est pourtant difficile de parler de ce spectacle. Car s’il n’est pas mauvais, il n’est pas très bon non plus. En fait, je l’ai trouvé sans aucun intérêt artistique.

L’histoire des trois dernières années de la vie de Jésus, la Cène, la trahison de Judas, sa résurrection, tout le monde la connaît. Dans ces conditions, le livret de Christophe Barratier, s’il est correctement écrit, n’apporte rien de nouveau. Les textes de Didier Golemanas et de Pierre-Yves Lebert sonnent plutôt juste. Malgré quelques facilités dans l’écriture, c’est d’ailleurs un des points forts du spectacle.

Visuellement, le spectacle aurait pu être réussi. Les décors, composés de façades couleur sable, sont sobres, détaillés et fort bien réalisés. Dommage qu’ils soient gâchés par un vidéo mapping, qui en plus de ne pas être correctement calé m’a profondément ennuyé. Désolé, mais je fais une véritable overdose des projections vidéo sans intérêt dramaturgique. Quant à la création lumière, ce n'est pas une réussite. Elle est cheap, confuse et éblouit continuellement le public.

Les comédiens-chanteurs, dont la plupart sont issus de The Voice, ont le mérite de chanter juste et d’interpréter leurs rôles avec talent. Deux d’entre eux se démarquent par leur technique vocale : Anne Sila, qui interprète le rôle de Marie, et Mike Massy, qui interprète celui de Jésus. Anne Sila nous offre d’ailleurs le seul moment d’émotion du spectacle avec la scène L’Adieu. Mike Massy imite étrangement la voix de Pascal Obispo quand il chante, mais il s’en sort très bien dans un rôle qui n’était pas facile à endosser.

Finalement, le plus gros problème du spectacle est son manque de rythme. Tout est mou : les musiques de Pascal Obispo (qui nous a habitué à mieux), les déplacements, les trop rares chorégraphies... et surtout les transitions. Vraiment, ce n’est plus possible de plonger la salle dans le noir pendant dix secondes entre chaque scène.

Pour être honnête, je me dois de préciser que le spectacle n’est pas présenté comme une comédie musicale, mais comme une “fresque musicale”. De ce point de vue, un enchaînement de scènes sans continuité dramaturgique est justifiable. Il n’en reste pas moins que le manque de rythme nuit gravement à l’émotion qu’aurait pu susciter le spectacle.

Bref, ce Jésus m’a ennuyé. Il était d’ailleurs amusant d’observer le clivage au sein du public à l’issue de cette première représentation. Alors qu’une bonne partie des spectateurs en sont sortis déçus, je dois reconnaître qu’une petite moitié de la salle, menée par de fervents catholiques avec croix autour du cou, s’est lancée dans une standing ovation.

Finalement, peu importe mon avis, Jésus a trouvé son public.

La “fresque musicale” Jésus, de Nazareth à Jérusalem est jouée jusqu’au 3 décembre 2017 au Palais des Sports (Paris).

Sur le même sujet

Sortie de l'album studio du spectacle Jésus, de Nazareth à Jérusalem
Audition : Jésus, de Nazareth à Jérusalem
Jésus multipliera les places dès octobre prochain au Palais des Sports de Paris

Vous aimerez aussi

Charlie et la Chocolaterie baisse le rideau à Broadway
Todrick Hall rejoint la troupe de Chicago à Broadway
Une adaptation cinématographique pour la comédie musicale Come From Away
Audition : Les Souliers rouges de Marc Lavoine et Fabrice Aboulker
The Greatest Showman : Un nouvel extrait audio du film musical avec Zac Efron

Réserver un musical à Londres