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La Cage aux Folles au Théâtre du Châtelet (Paris)

Critique

Fidèle à sa tradition, le théâtre du Châtelet a monté cette année encore une comédie musicale de Broadway pour les fêtes de fin d'année.

Olivier Py, nouveau directeur du Châtelet, a choisi la comédie musicale La Cage aux Folles de Harvey Fierstein et Jerry Herman, évidemment basée sur la pièce éponyme de Jean Poiret (1973). Georges dirige un cabaret de travestis sur la Côte d'Azur. Il y vit depuis plus de vingt ans avec Albin, la vedette du spectacle, qui se produit sous le nom de Zaza. Leur vie est bien réglée jusqu’au jour où Jean-Michel, le fils de Georges (né d’une relation passée), annonce à ses parents qu’il va se marier.

Immenses succès à Broadway (2 revivals, 11 Tony Awards) et à Londres, La Cage aux Folles et l'une des premières oeuvres du genre centrées sur un couple homosexuel. Le spectacle aborde également les thèmes de la famille choisie, du droit d’être soi-même et de l'homoparentalité. La chanson finale de l'acte 1, I Am What I Am, est devenue un hymne gay et un tube planétaire.

Cette production made in France mise en scène par Olivier Py est assez différente de celle que j'avais pu voir à Madrid il y a quelques années. L'ambiance générale est plus sombre. La mise en scène insiste notamment sur les difficultés à vivre en tant qu'homosexuel dans la sphère publique, en contraste avec le refuge que représente le cabaret tenu par Albin et Zaza.

Il y a ainsi un fort contraste dans la création lumière entre le monde extérieur à "La Cage" (blanc et froid) et l’intérieur du cabaret (jaune et chaleureux). Lors de la scène finale de réconciliation entre Albin et Georges, le décor "se met à nu", laissant apparente sa structure cubique, faisant ainsi référence à la cage mais rappelant également qu'Albin et George en sont en quelque sorte prisonniers, car ne pouvant vraiment être eux-mêmes qu'au sein de la boite de nuit.

Olivier Py a également souhaité donner une coloration plus politique au spectacle en faisant en sorte que le député Dindon soit membre de La manif pour tous et en ajoutant une apparition d'un membre d'Act Up. J'ai trouvé la première proposition très intéressante car elle ancre un peu plus la pièce dans la réalité contemporaine et rappelle que la lutte pour les droits LGBT est une suite de combats toujours d’actualité.

Les décors, notamment ceux du cabaret, sont magnifiques et brillent de mille feux. Les transitions sont fluides malgré l'immensité de la structure posée sur un plateau tournant. Une immensité qui permet une scène d'escaliers d'anthologie comme on en voit seulement au cinéma !

De côté des artistes, Laurent Lafitte se montre à la hauteur du rôle, tant par son jeu que par sa performance vocale. Sa diction est impressionnante ! On peut tout de même regretter le choix d'un comédien hétérosexuel pour camper le rôle de Zaza. Autre membre de la troupe, Harold Simon livre un Jean-Michel convainquant.

Cette Cage aux Folles est indéniablement réussie. Malgré les intentions de mise en scène qui contrastent avec les autres productions mondiales, on y rit beaucoup et on y passe un moment de délectation certaine. Après Les Misérables en demi-teinte l'année dernière, j'ai retrouvé avec plaisir la programmation de qualité à laquelle le Châtelet nous avait habitué.

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