Critique : Gosse de Riche par les Frivolités Parisiennes

Publié le 13/04/2017 par Tony Comédie.

Gosse de riche est la nouvelle production des Frivolités Parisiennes, compagnie qui nous a habitué à des spectacle de grande qualité ces dernières années. Le petit dernier est-il à la hauteur ?

Les Frivolités Parisiennes nous ont préparé une nouvelle comédie musicale du compositeur français Maurice Yvain : Gosse de riche. Après un Yes (du même compositeur) et un Paris Chéri(es) réussis, j’avais hâte de retrouver cette formidable compagnie pour la première de deux dates parisiennes exceptionnelles : le 12 et le 19 avril 2017.

Pour résumer rapidement l’intrigue : l’artiste photographe André Sartène est chargé par le riche financier Achille Patarin de réaliser son portrait. Mais André Sartène est l’amant de Nane, la maîtresse de Patarin. Ce dernier décide d’offrir à Nane un mari de location, Mézaize, pour que ce couple fictif puisse l’accompagner en vacances en toute discrétion dans la maison de la baronne Skatinkolowitz. Pendant ce temps, dans l’atelier du peintre débarque Colette, la fille de Patarin, qui lui demande sa main et l’invite lui aussi en villégiature chez la baronne.

Vous l’aurez compris, tous les personnages vont se retrouver dans la grande demeure et les mensonges vont chacun à leur tour voler en éclat. Le livret, qui peut paraître un peu complexe au premier abord, est savamment construit et permet des situations cocasses comme on les aime.

A sa sortie en 1924, la pièce fut saluée par la critique : « M. Yvain a écrit une partition qu’on peut considérer comme la meilleure de sa production », lisait-on dans Le Figaro. Après 37 représentations au théâtre Danou, le spectacle est transféré aux Bouffes Parisiennes, puis dans d’autres théâtres parisiens. La pièce totalisera 135 représentations en février 1926.

Pour cette reprise, les Frivolités Parisiennes ont choisi de situer l’action dans les années 50, alors que la production originale se situait dans les années 20. Même si les décors sont un peu cheap et manquent parfois d’esthétisme, la transposition est réussie. Les costumes sont de très bon goût et la mise en scène est à la hauteur. La présence de l’orchestre Frivol’ Ensemble, toujours dirigé par Jean-Yves Aizic, est un gros point fort de la pièce.

Au risque de me répéter, les comédiens de cette troupe sont formidables. Ils disposent d’un potentiel comique que la direction d’acteurs n’hésite pas à utiliser pleinement, pour le plus grand bonheur du public ! On retrouve notamment la belle et talentueuse Léovanie Raud. Quant à Charlène Duval, Ariane Pirie et Olivier Podesta, ils sont hilarants. Leur simple présence sur scène suffit à faire sourir le public. Imaginez l’effet qu’ils font quand ils prennent la parole !

Gosse de riche est-elle une opérette ou une comédie musicale ? Beaucoup de comédies musicales anglo-américaines mettent en scène des chanteurs lyrique et l’on appelle tout de même ces pièces des “musicals”. Du reste, tous les ingrédients de la comédie musicale sont présents : un peu de danse, du chant et beaucoup de comédie, le tout entremêlé prodigieusement. Il y manque peut-être l’effet “wahoo” que l’on peut ressentir devant les plus grandes comédies musicales, mais n’oublions pas que le budget est ici infiniment plus limité et que la pièce date de 1924.

C’est un beau spectacle que j’ai vu au théâtre Trévise hier soir. J’ai beaucoup rit devant ce vaudeville musical et parisien, comme aime à les promouvoir les Frivolités. Surtout, je suis ressorti conforté dans l’idée que la France aussi est une terre de comédie musicale !

Ne manquez pas la dernière date de Gosse de riche au théâtre Trévise le 19 avril prochain.

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