Critique : Starmania à la Seine Musicale

Publié le 05/12/2022 par Tony Comédie.

Evénement culturel de l’année, la comédie musicale Starmania créée par Michel Berger (musiques) et Luc Plamandon (paroles et livret) est de retour à Paris dans une toute nouvelle mise en scène de Thomas Jolly. J’étais très excité à l’idée d'assister pour la première fois à cette œuvre cultissime.

Joué pour la première fois en 1979 au Palais des Congrès de Paris, Starmania fut le premier Opéra-Rock français. Révolutionnaire pour l’époque, la comédie musicale fut aussi incroyablement visionnaire.

Starmania est une dystopie mettant en scène un monde où l’occident n’est plus qu’un seul pays, dont la capitale est Monopolis. Une dizaine de personnages souffrent d’une vie solitaire et déconnectée de tout sens. Ils rêvent d’une vie meilleure à travers la célébrité, le pouvoir, ou simplement le retour à la nature. Terrorisme, société du spectacle, culte de la célébrité, arrivée au pouvoir de richissimes hommes d’affaires souhaitant rétablir l’ordre social… 50 ans après sa création, les thèmes développés dans le livret sont d’une actualité criante.

Véritable tragédie, et ce jusqu’à la fin du livret, Starmania propose une vision très sombre de la société. Pourtant, les génies de Michel Berger et Thomas Jolly parviennent à en faire un divertissement, où les trois heures de spectacle passent à une vitesse folle.

Starmania est une véritable usine à tubes. Des chansons comme Quand on arrive en ville, Complainte de la serveuse automate, Le Blues du businessman, Un garçon pas comme les autres, Besoin d'amour, SOS d'un terrien en détresse, Les Uns contre les autres, Le monde est stone… sont ancrées dans l’inconscient collectif. Si les orchestrations ont été réactualisées dans un esprit rock très réussi, les mélodies de Berger sont toujours aussi efficaces et restent en tête pendant plusieurs jours !

Quant à Thomas Jolly, metteur en scène habitué du théâtre public, il parvient à sublimer cette œuvre avec un goût certain. Les décors et costumes sont absolument magnifiques. La patte de Jolly est clairement visible, avec un travail sur les lumières toujours aussi remarquable que lors de ses précédentes créations, mais qui atteint avec Starmania un point culminant. Avec pas moins de 500 projecteurs, il parvient à rendre parfaitement les aspects futuristes, sombres et étouffants du livret. Beaucoup de tableaux en noir et blanc, quelques touches de rouge et d’or et des effets 3D sont complétés par une scène finale époustouflante et très forte en émotion. La séquence filmée en direct fait également partie des moments forts du spectacle. Enfin, l’immense plateau de la Seine Musicale est parfaitement occupé : chapeau !

Mes bémols concernent d’une part l’utilisation de micro-mains : je comprends le choix de mise en scène de présenter tous les personnages comme des artistes rêvant de célébrité, mais cela nuit énormément aux mouvements des comédiens et donc à la fluidité des scènes. D’autre part, la piètre qualité sonore ne permet pas toujours la bonne compréhension des paroles. Enfin, j’ai été déçu par le casting : mis à part David Latulippe dans le rôle de Zéro Janvier et Alex Montembault dans celui de Marie-Jeanne, les voix ne sont pas à la hauteur des partitions. Fausses notes et manque de soutien gâchent parfois le plaisir du spectateur.

Stamania est joué à la Seine Musicale jusqu’à fin janvier 2023, puis partira en tournée dans les grandes salles de France, type Zénith. Si les billetteries ont été prises d’assaut, cela vaut quand même le coup de réserver les dernières places disponibles.

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