Critique : The Get Down, la nouvelle série musicale de Netflix

The Get Down

Voilà quelques temps que l’on attendait The Get Down, série la plus chère de l’histoire de Netflix, tournée pour environ 150 millions de dollars. Après l’échec de Vinyl cette année, associée pourtant à des grands noms comme Martin Scorsese et Mick Jagger, c’est au tour de Baz Lurhmann de proposer son tour de chant.

Commençant The Get Down par un pilote de 90 minutes hors de toute convention en matière d’écriture de série, le cinéaste prend un plaisir fou à raconter l’histoire de la naissance du hip hop dans le bronx décimé des années 70. Si cet été la série Stranger Things nous replongeait dans les années 80, Baz Lurhmann s’empare parfaitement des codes de la décennie précédente.

Quelques allusions nous font sourire comme la sortie du premier film Star Wars dans les salles de cinéma que les personnages souhaitent aller voir.

Sorte de gloubiboulba scénaristique, les péripéties, à consonances pop, s’entremêlent dans un fouillis organisé, à la manière d’un bon mashup dont est tiré l’essence même de la musique hip-hop.

On suit ainsi parallèlement le parcours de Ezekiel qui souhaite conquérir sa dulcinée. Pour cela, il va tout donner pour essayer de se procurer un vinyl du tube préféré de sa douce. Dans le même temps, Shaolin Fantastic, poursuivi par des mafieux, tente de trouver un bon beat pour devenir le maitre des nuits clandestines de New-York.

On retrouve à tout moment les influences passées de la filmographie de Baz Lurhmann. La passion amoureuse du héros laisse clairement penser à un nouveau Roméo+Juliette, davantage à la sauce West Side Story.

Niveau visuel, on assiste à de grandes frasques festives, habituelles chez le réalisateur. La scène en boite de nuit, déluge de lumières pimpantes et de sons électrisants, est une sorte transposition de la grande réception de Gatsby Le Magnifique à un univers plus moderne.

Les images du bronx, portant le grain d’une bobine vieillie, sont succulentes. Elles donnent du cachet à des moments qui pourraient très bien être issus d’un documentaire.

Enfin, la fin du pilote est marquée par la prestation de Herizen Guardiola, jouant la prétendante de Ezekiel, interprétant, cheveux au vent, une magnifique chanson sur les toits du bronx rappelant le Come What May de Nicole Kidman dans Moulin Rouge.

Mais Baz Lurhmann n’oublie pas d’apporter de la fraicheur à son style dans The Get Down. Ainsi, on est surpris de voir qu’il se lance dans des influences des films kung-fu, en tenant la métaphore filée autour du personnage de Shaolin, sorte de maitre spirituel.

La trame de The Get Down est également marquée par le poids du communautarisme. Sur les mêmes thématiques que la série musicale Empire, le programme Netflix arrive pourtant à surpasser cette dernière grâce à un vrai travail d’écriture et un objectif de narration clair, là où l’œuvre de Lee Daniels se perd dans un manque cruel d’intention.

La série The Get Down est le bonbon édulcoré de cet été 2016. Pas trop sucrée, ni trop plombant, elle une œuvre divertissante, accessible sans être pointé d’élitisme. Cette première partie, composée seulement de 6 épisodes, est bien suffisante pour s’immerger dans le monde méconnu du hip hop. S’en suivra, courant de saison prochaine, d’autres épisodes pour clôturer cette saison 1.

Cet article vous est proposé par Antoine Corte de Bulles de culture, webzine culturel partenaire de Tony Comédie.

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