Critique : Pygmalion au Théâtre 14

Pygmalion

La critique d’une pièce classique de théâtre dans un blog plutôt centré sur les comédies musicales peut surprendre. Mais sa publication est évidente quand on sait que Pygmalion de George Bernard Shaw a servi de base au scénario de la comédie musicale My Fair Lady en 1957. Librement inspirée du mythe grec dans lequel un sculpteur demande à Aphrodite de donner la vie à une statue d’ivoire dont il est tombé amoureux, cette pièce est le chef d’œuvre de Shaw et lui valu, dit-on, son prix Nobel en 1925.

Une autre raison, certainement moins avouable, est que le rôle principal de la pièce est ici joué par Laure Pester, autrefois connue sous le doux pseudonyme de Lorie, la starlette découverte sur internet qui a vendu plus de 8 millions de disques il y a quelques années. C’est la première fois que Lorie monte sur les planches d’un théâtre.

Cette adaptation transpose la pièce en 1950, à l’époque où les grandes stars américaines faisaient rêver le monde. Mais derrière ces icônes fabriquées par le marketing, il y avait des êtres humains. Eliza Doolittle, jeune femme défavorisée transformée en duchesse par un célèbre linguiste, rappelle le destin de ces actrices. Années 50 obligent, Eliza a troqué son panier de fleuriste contre celui d’une ouvreuse. Tout au long du spectacle, des projections font voyager les spectateurs entre les sphères publique et privée des personnages. Cette transposition apporte une vraie touche de nouveauté à cette pièce qu’on a plus l’habitude de voir jouée à l’époque victorienne.

Le spectacle est mis en scène par Ned Grujic qui a notamment travaillé sur Notre Dame de Paris, Hairspray ou encore Shrek le musical. Ned est aussi le directeur de l’ECM (Ecole de Comédie Musicale de Paris). La traduction et les adaptations sont de Stéphane Laporte, qui a adapté notamment Le Roi Lion, spectacle qui a véritablement lancé Stage Entertainment en France. C’est parce qu’ils sont tous deux issus du monde de la comédie musicale qu’il y a quelques numéros chantés dans cette adaptation de Pygmalion. Ces scènes sont assez agréables, mais tombent un peu comme un cheveu sur la soupe au milieu d’une pièce classique.

Tous les comédiens du cast sont très bons mais je tiens à saluer particulièrement l’interprétation de Benjamin Egner. Le professeur Higgins qu’il interprète est froid et terrifiant, son jeu renforce vraiment le sentiment qu’on est loin du conte de fée que la pièce peut sembler être au premier abord. Lorie, quant à elle, s’en sort plutôt bien, avec une qualité d’interprétation qui est allée en crescendo lorsque j’ai assisté à la pièce (première représentation au Théâtre 14).

La pièce se joue jusqu’au 27 février au théâtre 14, puis en tournée dans quelques théâtres de banlieue et de province.
[tickets]http://plateforme.fnacspectacles.com/place-spectacle/manifestation/Comedie-PYGMALION-PYGMA.htm[/tickets]

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