Critique : Parité Mon Q

Parité mon Q
Mercredi dernier, je me suis rendu à l’espace Christian Dente de la Manufacture Chanson pour y découvrir un groupe a capella 100% masculin. Leur crédo : la chanson paillarde.

Il y a trois ans, l’association ACP la Manufacture Chanson s’est transformée en SCOP (Société Coopérative et Participative). Toujours situé près de la station Père Lachaise, à l’est de Paris, cet organisme est un grand défenseur de la chanson. De nombreuses activités sont proposées aux artistes désirant évoluer et se faire connaître : ateliers artistiques, formation continue, cours loisirs, ateliers professionnalisants (comment se faire connaître, comment réussir une audition), rencontres avec des professionnels… Cette petite structure apparemment rénovée il y a peu accueille également une petite mais moderne salle de concert : l’espace Christian Dente.

Me voilà donc assis au troisième rang de l’espace Christian Dente, prêt à assister à Parité mon Q, un concert « grivois ». Dans ma tête défilent déjà les images du carnaval de Dunkerque, les néons des salles de garde et les soirées étudiantes auxquelles je participais il y a quelques mois encore. Je tente de me préparer psychologiquement à passer une heure ou deux avec des machistes forcément alcooliques qui n’ont pour seul dieu Patrick Sébastien.

Les lumières de la salle s’estompent et la porte à l’avant-scène s’ouvre pour laisser entrer sept individus qui, un à un, prennent place sur le plateau. Un petit jeune, un grand barbu, un quinquagénaire au regard vicelard… le moins que l’on puisse dire est que le groupe est physiquement hétéroclite. Et pourtant, quand le plus maigre – et à mon avis le plus illuminé – d’entre eux fait sonner le diapason et lance la première chanson, ces sept gaillards ne font plus qu’un. L’amour pour la musique et les harmonies devient alors un ciment salvateur pour nos oreilles.

Car dès la première note, mes réticences premières se sont envolées. C’est avec un grand talent, un brin de folie et finalement beaucoup d’élégance qu’Olivier Andrys, Geoffrey Bailleul, Brice Baillon, Louis Lefebvre, Joël Legagneur, Martin Le Ray et Benjamin Riez reprennent les grands classiques de la chanson paillarde. Chaque chanson est bien amenée, les transitions sont travaillées et les harmonies sonnent parfaitement bien. Bref, le spectacle est véritablement construit. Un peu comme chez les Voca People ou les Franglaises, chaque membre du groupe joue un personnage caricatural, unique, et donc forcément drôle.

Évidemment, le spectacle n’est pas familial. Je vous déconseille d’y emmener vos neveux et nièces, sauf si vous voulez vous fâcher avec leurs parents. Cependant, allez-y entre amis, allez-y en couple, vous passerez un très bon moment. Je le redis, ces artistes ont un vrai talent, amplifié par le travail de Charlotte Gaccio, leur metteuse en scène (et caution féminine).

Le spectacle est encore joué les 6 avril et 11 mai prochains à l’espace Christian Dente. En juillet, Parité mon Q fera partie du Festival d’Avignon Off. A ne pas manquer si vous êtes de passage !

PS : Tout le monde peut participer au financement de leur projet « Avignon 2016 ». Si vous êtes intéressé(e), ça se passe par ici : http://fr.ulule.com/parite-mon-q/.

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