Critique : Paramour, le spectacle du Cirque du Soleil à Broadway

Paramour
Le 16 avril 2016, le Cirque du Soleil posait ses valises au Lyric Theatre de Broadway avec un spectacle spécialement conçu pour la scène d’un théâtre « classique » : Paramour. J’ai eu la chance d’assister au spectacle en décembre dernier. Mon avis.

Paramour avait été quelque peu éreinté par la critique lors de son lancement. L’équipe créative a tenté de rectifier le tir pour mieux coller aux attentes du public de Broadway. Au 19 décembre 2016, le show avait rapporté près de 33 millions de dollars au Cirque du Soleil et 377 000 spectateurs s’étaient déplacés pour assister au spectacle. Que vaut ce show qui se veut différent des comédies musicales traditionnelles ?

Le livret de Paramour est assez simple, puisqu’il met en scène les aventures d’un triangle amoureux. Un vieux producteur riche et respecté se lasse de l’actrice qu’il vient d’élever au rang de star. Un soir dans un bar, il fait la connaissance d’une jeune chanteuse et de son amant pianiste. Saura-t-il la détourner de son jeune amoureux, ou l’amour véritable triomphera-t-il ?

Dès l’ouverture, le spectacle impressionne par la complexité de la mise en scène et la performance des artistes. Partout sur la scène il se passe quelque chose. Les temps morts sont inexistants et on ne sait pas où donner de la tête. Les artistes circassiens réalisent des performances bluffantes, dignes des plus beaux numéros de cirque que j’ai pu voir ces dernières années. Côté chanteurs, ceux-ci tirent aussi leur épingle du jeu. Ils parviennent à exister face aux autres artistes, ce qui n’était pas évident.

On pourra regretter la simplicité du livret, qui comme tous les livrets des spectacles du Cirque du Soleil n’est qu’un prétexte à de formidables numéros de cirque. J’ai trouvé la fameuse course poursuite sur les toits qui se joue à la fin du spectacle beaucoup trop longue. Mais mon grand regret concerne la scène avec les drones. Je m’attendais à quelque chose de spectaculaire… malheureusement les drones volent uniquement au-dessus de la scène et ne s’aventurent jamais au-dessus du public. J’imagine que cela est du à des problématiques sécuritaires, mais le public reste sur sa faim !

Malgré ces quelques bémols, Paramour est un magnifique spectacle qui à mon avis a toute sa place sur Broadway. Il plaira à ceux qui veulent voir quelque chose de moins classique qu’un book-musical ou qu’un grand classique du genre. Pour la petite anecdote, parmi la dizaine de spectacle que j’ai eu la chance de voir en décembre dernier à New York, Paramour est le seul qui ne distribue pas le Playbill au public… l’intégration au sein du milieu de Broadway n’est donc pas complète.

Paramour est joué pour l’instant jusqu’au 16 avril 2017. Le Lyric Theatre accueillera Harry Potter and the Cursed Child en 2018. La production cherche activement un nouveau théâtre et lorgnerait aussi sur l’Europe et en particulier sur la ville d’Hambourg (Allemagne), friande de comédies musicales. Ce serait la première fois que le Cirque de Soleil aurait un même spectacle joué simultanément à deux endroits du globe. A suivre !

Commentaires

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Lucas
Lecteur
Pour les Playbills, il y a plusieurs raisons. Premièrement, il faut savoir que la production de Playbills a un coût, coût que le Cirque du Soleil a préféré éviter. Et puis ils ont souhaité rester dans la lignée des spectacles du CDS, sans programme gratuit. Et dernièrement, lorsqu’on voit le spectacle, on nous indique un numéro non surtaxé auquel on peut envoyer un message pour obtenir des infos sur la production. Et a la fin du show, il y a un générique (un clin d’œil a Hollywood). Le fait qu’il y ait un playbill ou non n’est, selon moi, pas… Lire la suite »
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