Critique : Notre-Dame de Paris

Notre-Dame de Paris
© Alessandro DOBICI

Depuis quelques mois déjà, je rongeais mon frein dans l’attente de cette nouvelle édition de Notre-Dame de Paris, la comédie musicale culte de Luc Plamondon et Richard Cocciante. Fan de Patrick Fiori tout autant que de Julie Zenatti quand ils ont interprété, les premiers, des chansons qui ont aujourd’hui fait le tour du monde, c’était avec un mélange d’excitation et d’appréhension que j’ai franchi les portes du Palais des Congrès de Paris : la nouvelle distribution tient-elle ses promesses ?

J’ai rapidement été rassuré. Sous mes yeux évoluent les décors familiers de Christian Ratz, cathédrale sobre et imposante, et les costumes à peine retouchés par Caroline Villette Van Assche que l’on pouvait déjà contempler il y a dix-huit ans. Soulagement, la magie opère toujours, et l’adaptation de roman de Victor Hugo reprend vie sous nos yeux ! La belle Esméralda s’attire les amours jalouses de Phœbus, chef des archers, Frollo, prêtre de Notre-Dame, et Quasimodo, sonneur des cloches. Déferlement de passions, la tragédie est inexorable…

Très peu de modifications ont été faites à la mise en scène originale de Gilles Maheu. Jusque dans les intonations des chanteurs, on saisit une volonté de rester très fidèle au spectacle d’origine. Le choix ne me déplaît pas. Notre-Dame de Paris est à mon sens une des meilleures comédies musicales françaises jamais produites. Le terme opéra-rock conviendrait d’ailleurs d’avantage : pas un temps-mort, pas un dialogue parlé. Les chants s’enchaînent très rapidement, avec parfois un récitatif accompagné pour offrir un peu de repos aux artistes.

Danseurs comme chanteurs s’épuisent en effet sur la scène immense du Palais des Congrès. Ils ne sont qu’une quinzaine en tout ! Entre les superbes chorégraphies acrobatiques de Martino Müller et les chansons très exigeantes de Cocciante, rien n’est simple pour eux. Pourtant, tous soutiennent sans fléchir le rythme imposé par cette production.

Il faut dire qu’une distribution de choix est au service du spectacle. Tous les chanteurs sont à la hauteur de leur rôle, avec des voix travaillées et de très bonnes présences scéniques. La palme d’or revient à Richard Charest, qui propose un Gringoire impeccable, et dont les magnifiques chansons et pas des danse portent le spectacle !

J’ai également été bluffé par un Daniel Lavoie encore très vaillant dans le rôle de Frollo malgré les années passées.

Musicalement, deux petits regret pourtant. J’apprécie énormément la cohérence esthétique de Notre-Dame de Paris, en particulier dans la musique. Il est donc dommage que la bande-son des accompagnements et des chœurs, très brouillonne, ne soit pas au niveau des voix live.

Mon autre regret porte sur Alyzée Lalande. Elle est ravissante dans le rôle de Fleur-de-Lys, mais elle passe à côté de « La Monture », qui est pourtant une des chansons emblématiques de la comédie musicale. Heureusement, le reste de sa prestation est un sans faute !

Dans l’ensemble, je salue une production d’une rare qualité parmi celles d’aujourd’hui, un casting très réussi, un visuel impeccable et un spectacle très rythmé, qui ne laisse aucun temps à l’ennui !

Notre-Dame de Paris part en tournée dans toute la France. Fans de cette comédie musicale, vous ne serez pas déçus ! Quant à celles et ceux pour qui cette musique se résume aux première notes de « Belle », ce spectacle vaut vraiment la peine que vous en découvriez d’avantage.

Merci à Rémi Der Traümer (remidertraumer@gmail.com), rédacteur invité pour cette critique !

Commentaires

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Boblibob
Lecteur

En quoi Alyzée Lalande passe-t-elle à côté de « La Monture »… le chant? Le jeu? Moi, j’ai aimé…on dépassait justement le chanté, il me semble.
Svp développez un peu…

remidertraumer (auteur)
Lecteur
« La monture », encore plus que le reste du rôle de Fleur-de-Lys, relève, par son écriture, d’une tessiture d’alto. Alyzée Lalande est une superbe soprano légère, et je ne remets en cause ni son jeu ni son interprétation de « Ces diamants là » et « Beau comme le soleil ». En revanche, quand une chanteuse doit souffler une note écrite pour dissimuler le fait qu’elle ne peut l’atteindre, c’est qu’il y a un petit problème au niveau de la tessiture ! Je veux bien détailler ce passage de la critique si cela semble nécessaire, mais ne je ne reviendrai pas sur mon propos. Julie… Lire la suite »
Flore
Lecteur

Pas du tout d’accord avec vous pour votre critique sur Alyzée Lalande !!. Elle donne une merveilleuse interprétation de la monture et de plus avec un jeu d’acteur !!. Je n’ai entendu que des éloges sur son interprétation …

remidertraumer (auteur)
Lecteur

Mon propos sur UNE chanson interprétée par Alyzée Lalande est un avis subjectif. Il ne remet pas en cause son interprétation du rôle de Fleur-de-Lys, que je qualifie par ailleurs d’un sans faute ! ;-)

Flore
Lecteur

Effectivement tout avis est subjectif !!. Pour preuve j’avais dimanche à mes cotés 2 puristes de Comédie Musicale qui avaient vu plusieurs versions de Notre Dame De Paris et la plus grande déception pour eux coté chanteur !! Richard Charest..Donc oui tout est subjectif ..

remidertraumer
Lecteur

Voilà, les goûts et les couleurs… L’essentiel, je pense, reste de saluer la qualité de cette production, chacun y trouvant son compte :)

Nilrouge
Lecteur
Aie je ne partage vraiment pas l’enthousiasme autour de ce spectacle. Je suis passé totalement à côté… La scène reste vide et les acteurs gesticulent pour occuper l’espace sans grande conviction. J’ai beaucoup de mal avec ce décalage de « modernité » dans les costumes et le décor et l’oeuvre sous-jacente. Quant à la bande son : c’est tout de même épouvantable de continuer à proposer des spectacles où la bande son écrase toute tentative d’interprétation aussi juste puisse-t-elle être (ou pas d’ailleurs car de toute façon on ne la distingue plus). Bref j’étais impatient de découvrir ce spectacle que je n’avais… Lire la suite »
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