Critique : Les Parapluies de Cherbourg au théâtre du Châtelet

Les parapluies de Cherbourg
Les parapluies de Cherbourg, film mythique des années 1960, a été monté au Théâtre du Châtelet en septembre 2014. Le succès a été tellement énorme que le spectacle se rejoue pour trois dates exceptionnelles du 28 au 30 juin 2015.

Soyons francs. Je n’avais jamais vu le film de Jacques Demy. Certes, on pourrait dire que ce n’est pas un film de ma génération, mais pour un fan de films et de spectacles musicaux comme moi, ça le fait pas, mais alors pas du tout. Je me devais de résoudre cette lacune culturelle. C’est pourquoi je me suis rendu au magnifique Théâtre du Châtelet en septembre 2014.

Pour les rares – j’en suis sûr – aussi incultes que moi, voici le synopsis. Geneviève vit avec sa mère qui tient une boutique de parapluies à Cherbourg. Amoureuse de Guy, ce dernier est appelé sous les drapeaux en Algérie et quitte la ville non sans s’être promis un amour éternel. Mais Geneviève découvre bientôt qu’elle est enceinte et finit par céder aux pressions de sa mère en épousant Roland, un riche bijoutier qui la convoite depuis longtemps.

Le parti pris artistique – somme toute respectable – de produire un spectacle fidèle au film, et donc « en-chanté », est assez dérangeant pour qui n’est pas initié. Les paroles ne riment pas. Il s’agit d’un texte mis en musique, et non pas de chansons. Pourtant je savais à quoi m’en tenir, puisque je connaissais l’autre grand film musical de Jacques Demy Les Demoiselles de Rochefort. A la sortie du spectacle, ma première pensée fût : « Le français a bien changé depuis 1964… ». Des tournures de phrases, des intonations… semblent désuètes.

La partition de Michel Legrand est à saluer, d’autant plus que le Châtelet a décidé de la faire interpréter par un orchestre symphonique. C’est très agréable d’avoir autant de musiciens qui jouent en live. Le problème est que l’orchestre occupe les trois quarts du plateau, et que la surface restante ne permet pas une mise en scène et des décors à la hauteur de ce que propose le Théâtre du Châtelet habituellement. Certaines scènes se déroulant à jardin ou à cour n’étaient pas visibles par les spectateurs se trouvant sur les côtés.

A noter quand même la très bonne performance des trois comédiens principaux : Natalie Dessay, Marie Oppert et Vincent Niclo.

Mon avis un peu mitigé sur ce spectacle semble ne pas avoir été celui de la majorité des spectateurs. Les artistes ont eu la chance d’avoir été rappelés quatre fois par une salle comble et des applaudissements de spectateurs enchantés.

Malgré quelques réserves, j’ai pris plaisir à découvrir l’oeuvre de Michel Legrand et de Jacques Demy. Le spectacle se rejoue fin juin au Théâtre du Châtelet. Gardez à l’esprit qu’il s’agit plus d’un concert que de théâtre musical, et vous passerez une excellente soirée !

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