Critique : Fantasio au théâtre du Châtelet

Fantasio
Avant sa réouverture après de nombreux mois de travaux, l’Opéra Comique débute sa saison 2017 avec Fantasio. Jouée hors les murs au Théâtre du Châtelet, cette production fait honneur aux spectacles habituellement proposés dans ce théâtre bien connu des amateurs de comédie musicale.

Fantasio est un opéra comique signé du maître en la matière, Offenbach, à qui l’on doit en autres La Belle Hélène, Orphée aux Enfers ou encore La Vie Parisienne. Le livret est de Paul de Musset d’après la pièce Fantasio de son frère Alfred. Créée le 18 janvier 1872 à l’Opéra Comique, l’oeuvre n’a pas rencontré son public et n’a été joué que 14 fois. La partition a été ensuite partiellement recyclée par Offenbach dans Les Contes d’Hoffmann puis elle disparut lors de l’incendie de L’Opéra Comique en 1887. Ironie du sort, l’incendie déplaça provisoirement l’Opéra Comique place du Châtelet. En 2017, l’histoire se répète.

Comme souvent, l’argument n’est pas bien compliqué. La Princesse de Bavière est promise au Prince de Mantoue pour réconcilier les deux royaumes et éviter la guerre. Alors que les futurs mariés s’apprêtent à se rencontrer pour la première fois, Fantasio, un étudiant fêtard du royaume de Bavière, tombe amoureux de la princesse. Pour accéder au château, Fantasio remplace le bouffon du Roi qui vient de mourir. Pendant ce temps, le Prince de Mantoue décide de se faire passer pour son propre valet. Il souhaite ainsi se faire aimer par la princesse pour lui-même et non pas pour son rang.

Ce double jeu de travestissement sera la source d’un certain nombre de quiproquos très drôles. Mais la noirceur et la mélancolie qui se dégagent de la pièce en font un spectacle singulier parmi l’œuvre habituellement dynamique et enjouée d’Offenbach. On peut y déplorer certaines longueurs, qui se sont vite oublier grâce à une esthétique certaine et le talent des comédiens-chanteurs.

La mise en scène de Thomas Joly, jeune prodige français, colle parfaitement avec l’esprit de l’œuvre tout en la modernisant avec brio. Les lumières et les décors d’un style très « Tim Burton » sont magnifiques. Une des spécificités de la mise en scène est de faire jouer le rôle de Fantasio par une femme. J’aimerais beaucoup que le talent de Thomas Jolly profite un jour au genre de la comédie musicale ! Les artistes présents sur scène disposent eux aussi d’un talent fou. Je voudrais notamment saluer Marianne Crebassa, dont la performance m’a enthousiasmé.

L’Opéra Comique frappe fort pour sa réouverture. Dépêchez-vous, le spectacle n’est joué que jusqu’au 27 février.

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